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Lettre d'un lecteur

Publié le par Sonia Alain

par Maxime Désaulniers
Le 20 avril 2018

 

Bonjour Madame!

Je viens de terminer votre roman Le Petit Chaperon Rouge! Il est ma première lecture de cette deuxième édition des Contes Interdits. Ma blonde et moi avons été des lecteurs fascinés par les quatre premiers romans que nous avons précommandés et lus dès leur sortie. Nous étions impatients de recevoir les trois nouveaux ouvrages de la collection.

Le Petit Chaperon Rouge ne m’a pas déçu. Bien synchronisé à l’univers sombre, réaliste et angoissant des précédents ouvrages, on s’enfonce une fois de plus dans les souterrains de l’humanité. Le pouvoir de certains finit inévitablement par oppresser les autres. Il n’y a pas de domination sans soumission. Toutefois, dominant et dominé ne sont jamais des rôles permanents, on trouve toujours plus forts que soi. Le Petit Chaperon Rouge illustre à merveille qu’on crée nos propres démons par les conséquences de nos actes. Ce n’est pas la justice divine qui a massacré les six antagonistes, c’est la personnification de leurs erreurs.

Angélika est un nom drôlement bien choisi pour cet ange de la mort. Un personnage féminin fort, endurci par la désillusion et entrainé par la haine. Elle n’a ni pudeur, ni limite car sa détermination et ses sacrifices la poussent à accomplir ses obscurs desseins. Elle n’en reste pas moins humaine et empathique au moins de ressentir un vide à chaque meurtre. Elle est complexe et en continuelle proie au regret. C’est très autodestructeur de tuer à répétition lorsqu’on le regrette. N’importe qui deviendrait fou et se déshumaniserait pour rendre ses actes acceptables. Ce n’est pas le cas d’Angélika qui traverse l’enfer en gardant la tête haute. Ses origines tsiganes, son enfance isolé dans les bois et son adolescence cerné par le danger ont forgé une femme puissante prête à combattre n’importe quel monstre.

Pour ce qui est de l’intrigue, je précise que j’adore les histoires de « liste noire ». Le Petit Chaperon Rouge en garde la formule et respecte toutes les attentes et même un peu plus (j’y reviendrai plus tard). À travers ce roman, je revois mes classiques tel que Le Comte de Monte Cristo, Hannibal Lecter : Les origines du mal, la saison 1 de Arrow ou les Assassin’s Creed 2 et 3. Angélika me fait grandement pensé au personnage d’Arya Stark de la saga Une chanson de la glace et de feu. Pour son âge, son tempérament, sa personnalité, ses méthodes et son loup de compagnie avec qui elle a un lien psychique.

La gangrène de l’humanité porte ici six visages. Certains semblent être d’insignifiants hédonistes cruels et apathiques (Vincent, Manuel et David), mais d’autres se sont révélés assez intéressants comme Arnaud, Léopold et Paul. C’est Léopold qui capte le plus l’attention. Déjà, lorsque Olivier annonce qu’il est son informateur, il devient mon personnage favori et celui que je trouve le plus fameux puisqu’il est original et crée une nouvelle variable dans le schéma de la « liste noire ». Le fait qu’il soit le père d’Angélika, ce qui explique tous les éléments nébuleux de l’énigme, est un punch génial. J’ai adoré. À ce moment, je me suis dit : « Autant ça fait toute la différence pour moi, autant ça n’en fait aucune pour Angélika. Si elle le découvrait, elle ne ferait que plus l’haïr, car il a comploté tout autant que les autres et ses piètres excuses ne pardonnent absolument rien. Il est quand même un monstre. » Je suis satisfait de la tournure des événements, Léopold n’a pas survécu et Angélika n’aura pas eu un fardeau supplémentaire sur sa conscience. Olivier a fait un choix logique en ne lui en parlant pas et j’aime quand les personnages font des choix logiques, ça consolide le réalisme de l’œuvre.

Mon passage favori est le chapitre 12 « Sa voracité satisfaite, le loup retourna se coucher ». Ses 9 pages sont parfaites. On ressent un profond suspense au court de la traque. Paul se débat comme un diable pour survivre mais on sait bien que tous les efforts sont inutiles et pourtant, le voir se débattre face à la mort m’a accroché du début à la fin. La mort de Paul est la plus réussie du roman. D’autant plus que je ne m’attendais à ce qu’il meure avant David, donc c’était inattendu, mais dès qu’il est écrit qu’il entre dans les bois, il est certain qu’il n’en sortira pas. Angélika avait abattu Vincent et Manuel dans des lieux publiques en s’armant de patience et d’ingéniosité, alors pas la peine de parier sur la survie d’un homme seul au milieu de nul part.

Bref, un excellent roman qui s’ajoute à l’ahurissante série des Contes Interdits

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